Être journaliste au Bénin en 2025, une vocation sous pression
Le métier de journaliste au Bénin en 2025 n’est plus seulement une quête de vérité, mais une lutte constante pour être entendu. Dans un paysage médiatique saturé par une avalanche d’informations, de désinformations et d’opinions exacerbées par les réseaux sociaux, la voix du journaliste est souvent noyée ou déformée. Le silence n’est plus l’absence de mots, il est numérique, construit par des algorithmes qui favorisent le sensationnel au détriment de l’information vérifiée.

La précarité du journaliste : une réalité alarmante
Le journaliste béninois est aujourd’hui l’une des professions les plus précaires. Il suffit d’une feuille et d’un stylo pour dénoncer un fait, mais ces outils deviennent rapidement les symboles de l’oppression. Nombreux sont ceux qui, après avoir publié un article ou mené une enquête, se retrouvent suspendus, interpellés, et parfois contraints de se justifier devant la justice.
La liberté de la presse semble fragile, enfermée dans un cadre où les risques sont bien plus élevés que les protections. Sur le plan matériel, les conditions de vie des journalistes sont souvent austères. Peu rémunérés, certains peinent à subvenir à leurs besoins essentiels.
Entre conférences, bibliothèques et longues heures de recherche, ils sont les artisans d’une information rigoureuse qui, pourtant, ne leur assure ni sécurité financière ni reconnaissance suffisante. Ce paradoxe fragilise leur engagement et pousse certains à chercher des alternatives, souvent en dehors du journalisme.
Manipulation et dépendance en période électorale
Lors des périodes électorales, le journaliste béninois devient une figure convoitée par les acteurs politiques. Ces derniers, conscients de l’influence médiatique, orchestrent des stratégies pour les manipuler à travers des perdiems dérisoires. Une somme de 10.000F CFA, parfois moins de 5000 F CFA, voire rien du tout, est proposée à certains pour orienter leurs publications.

Ces pratiques créent une dépendance économique qui érode l’indépendance du journaliste et remet en cause la crédibilité de l’information. Bien souvent, le journaliste se retrouve pris dans un dilemme : préserver son intégrité ou accepter des compensations financières qui lui permettent de survivre.
Cette réalité met en lumière la nécessité impérieuse de repenser le modèle économique des médias afin de garantir aux journalistes des revenus décents et une autonomie leur permettant de résister aux pressions extérieures.
Un métier de passion et de sacrifice
Le journaliste béninois est celui qui se réveille tôt et se couche tard, toujours à l’affût des nouvelles essentielles à la société. Il est le faiseur de stars, celui qui propulse des figures publiques sous les projecteurs. Mais plus que cela, il est un messager, parfois même un messie, qui prend des risques considérables pour investiguer et révéler la vérité. Malgré les difficultés, l’engagement des journalistes demeure fort.
Leur passion pour l’information et leur rôle crucial dans la société les poussent à continuer, à se battre pour un avenir où leur travail sera reconnu et respecté. Leur résilience est admirable, mais elle doit être accompagnée par des réformes profondes, garantissant une véritable protection légale, des moyens financiers adéquats, et une éducation médiatique qui aide la population à distinguer le vrai du faux.
Vers un avenir plus juste pour les journalistes béninois
Le journalisme est la pierre angulaire de toute démocratie. En 2025, la question de la liberté de la presse au Bénin ne doit plus être ignorée. Il est temps de mettre en place des mécanismes qui assurent aux journalistes une véritable indépendance, une rémunération juste, et une protection face aux intimidations. Sans ces mesures, l’information restera entre les mains de ceux qui savent la manipuler, et non de ceux qui s’efforcent de dire la vérité. Le combat pour un journalisme libre et équitable est plus que nécessaire. Il est vital.
Ma citation : Sans liberté, un journaliste n’est qu’une plume empoisonnée.