Freedah N’Dah, l’Amazone moderne qui réinvente la beauté béninoise
Sous les projecteurs ou dans le silence d’un regard, elle incarne bien plus qu’une simple silhouette : elle est l’expression vivante de la grandeur des femmes africaines. Mesurant 1m80, avec une prestance naturelle qui saisit au premier pas, son allure se distingue autant par sa force que par sa grâce. Mais ce qui la rend inoubliable, c’est cette chevelure sculpturale, haute et audacieuse, qui s’élève comme une couronne vivante.

Véritable signature stylistique, elle n’est pas qu’un détail esthétique, mais un symbole d’indépendance et d’identité. Déjà à 25 ans, Freedah N’Dah impose sa silhouette et sa vision dans le monde exigeant de la mode. Mais au-delà du mannequinat et des défilés, elle incarne la force d’une jeunesse béninoise qui se bat avec dignité et passion pour exister. Voici le portrait d’une guerrière moderne qu’on découvre ici :
Des larmes aux podiums : un début forgé dans le feu
Derrière les sourires sur les tapis rouges se cache une histoire de résilience. Lorsqu’on lui demande comment tout a commencé, Freedah répond sans détour : «Rien n’a été facile pour moi à mes débuts. J’ai tout appris dans les larmes et la sueur.»
Dès les premières années, elle a dû se forger seule. Sans privilèges, sans raccourcis. Sa mère, figure quotidienne de courage, et l’image de la femme béninoise, l’ont constamment poussée à puiser dans ses ressources intérieures. Et c’est avec cette foi inébranlable en ses ambitions que Freedah a tracé sa route.
Un palmarès jeune mais déjà glorieux
Par son port altier et ses postures affirmées, elle rappelle les Amazones d’autrefois : ces guerrières béninoises, fières et redoutables, qui se dressent en rempart contre l’oubli et l’effacement. Chaque mouvement, chaque regard devient alors une prise de position, un hommage vibrant à toutes celles qui, hier comme aujourd’hui, se battent pour préserver la dignité, la valeur et la mémoire des femmes africaines.

Si elle se considère encore en début de carrière, les distinctions glanées, elle était le Top Model Kofa 2019, Miss Africa Golden 2021, Meilleur Top Model Féminin Avo Fashion Réception 2023 et Couronnée Top Model Univers 2024. Chacun de ces prix a été un tremplin, un miroir dans lequel elle a mesuré sa progression. « Ils m’ont apporté confiance et m’ont prouvé que je peux faire encore mieux » dit Freedah. Pour elle, le meilleur reste à venir.
Déconstruire la beauté : un combat personnel
Freedah ne se contente pas d’incarner la beauté : elle la redéfinit. Pour elle, celle-ci n’est pas figée dans les standards occidentaux ou les critères de podium. « Être mannequin, c’est une présence, une capacité à captiver, à transmettre une émotion. » Qu’il s’agisse de proportions classiques ou de différences singulières, elle milite pour une beauté plurielle, transformable, véritable reflet de l’humanité.
L’ADN Béninois au cœur de l’élégance
Née de la rencontre de cultures béninoises multiples, Freedah revendique fièrement son identité. Pour elle, chaque défilé est un terrain d’expression de cette richesse : « Le Bénin est petit en surface mais immense par son patrimoine immatériel. » a-t-elle déclaré lors de l’entretien. Elle le dit avec conviction : son pays mérite d’être connu pour ce qu’il a de plus profond. Telle une ambassadrice culturelle, elle cultive une esthétique enracinée, métissée, vivante.

Elle ne se contente pas de défiler, elle défend. Sa beauté n’est pas docile, elle est affirmée, enracinée, historique, une beauté qui inspire à retrouver ses racines, à honorer l’héritage et à bâtir un avenir en portant fièrement ce que l’on est. Un simple regard, une posture, et voilà un message puissant : « Nous sommes les héritières de nos Ancêtres. » Freedah cite l’hymne national béninois comme source d’inspiration, notamment ce vers « Pour la postérité, construisez sans relâche. » Tout un symbole. Son regard, dit-on, inspire la fierté, le courage, et rappelle les luttes silencieuses menées par les femmes d’hier.
En Amazone assumée
L’image revient souvent dans ses shootings : celle d’une Amazone du Dahomey, fière, droite, audacieuse. Une référence qu’elle assume pleinement. « Les femmes sont le socle de la société béninoise. Ce n’est pas nouveau. » À travers ses tenues et ses gestes, elle réhabilite cette mémoire historique, tout en l’ancrant dans les réalités d’aujourd’hui. Une manière d’éduquer, de provoquer, d’inspirer.

Peu savent que Freedah a interrompu ses études en classe de Troisième. À la mort de son père, elle devient tutrice de ses frères et sœurs. Ce choix douloureux, elle l’assume. Il a façonné sa maturité, sa détermination, sa vision de la vie. Rien n’a été facile, mais tout a été fait avec amour et dignité.
Une coiffure comme signature visuelle
Sa coupe de cheveux ne laisse personne indifférent. Créée par elle-même, elle constitue un code visuel unique. « C’est un style que j’ai inventé pour me faire reconnaître en un coup d’œil. » Elle ne suit pas les tendances, elle les anticipe.

À la jeunesse qui rêve de podiums, Freedah adresse un mot simple mais profond « Travaillez sans relâche, restez fidèles à vous-mêmes, et soyez fiers de vos racines. » Dans un monde standardisé, l’authenticité reste une arme puissante. Si elle devait résumer son passage dans le monde de la mode en trois mots, ce serait : Travail – Solidarité – Partage. Un triptyque qui témoigne de sa vision humaniste, généreuse, et profondément enracinée dans les valeurs béninoises.
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