Climat : l’Union Africaine réclame des financements à la hauteur du désastre à la cérémonie d’ouverture du ACS2 à Addis Ababa

Article : Climat : l’Union Africaine réclame des financements à la hauteur du désastre à la cérémonie d’ouverture du ACS2 à Addis Ababa
Crédit: Emmanuel CODJO/ACS Délégué ACS2
8 septembre 2025

Climat : l’Union Africaine réclame des financements à la hauteur du désastre à la cérémonie d’ouverture du ACS2 à Addis Ababa

Addis-Abeba, cœur battant du continent, s’est transformée en tribune mondiale pour le climat. Le 2ᵉ Sommet africain sur le climat s’est ouvert sur un discours puissant du Président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, qui n’a pas mâché ses mots : l’Afrique exige une justice climatique réelle et un financement à la hauteur des défis qu’elle affronte. Fini les discours creux, place aux engagements concrets.

Cérémonie d’ouverture ACS2 ÉTHIOPIA ce 08 Septembre 2025

L’Afrique, pourtant responsable de moins de 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, est en première ligne des catastrophes climatiques. Sécheresses, inondations, insécurité alimentaire, perte de biodiversité… le continent paie le prix fort d’un dérèglement qu’il n’a pas causé. « Nous ne sommes pas les pollueurs, mais nous sommes les premières victimes », a martelé Youssouf, appelant à une mobilisation internationale fondée sur l’équité et la responsabilité.

Le sommet a mis en lumière un chiffre vertigineux : 1,3 trillion de dollars par an. C’est le montant nécessaire pour permettre à l’Afrique de s’adapter, de se développer durablement et de faire face aux impacts du changement climatique. Or, les financements actuels, souvent conditionnés et fragmentés, plafonnent à 300 milliards, majoritairement issus du secteur privé. Un gouffre financier qui illustre le déséquilibre criant entre les besoins et les promesses.

Parmi les priorités urgentes : une agriculture intelligente, capable de nourrir le continent tout en respectant les écosystèmes ; une transition énergétique ambitieuse, portée par l’initiative « Mission 300 millions » pour électrifier durablement les foyers africains ; une gestion de l’eau innovante, avec des techniques comme l’hydroponie et le goutte-à-goutte ; et enfin, une économie bleue qui valorise les ressources marines tout en les protégeant.

Mahmoud Ali Youssouf président de l’Union Africaine

Mais au-delà des chiffres, c’est la gouvernance du financement climatique qui est remise en cause. Mahmoud Ali Youssouf a dénoncé un système de crédits carbone dominé par les pays pollueurs, appelant à la création d’une instance indépendante pour en assurer la transparence et l’équité. Il a également exigé que le Fonds vert pour le climat et celui dédié aux pertes et dommages soient réformés pour répondre réellement aux besoins africains.

Le ton est donné : l’Afrique ne quémande pas, elle revendique. Elle ne veut plus être reléguée au rang de spectatrice dans les négociations internationales, mais devenir actrice à part entière. « Le Sud global doit parler d’une seule voix, et cette voix doit être forte, claire et respectée », a affirmé Youssouf, en référence aux sommets passés et à ceux à venir.

Ce sommet est bien plus qu’un événement diplomatique. C’est un cri du cœur, un appel à la conscience mondiale, une déclaration d’intention. L’Afrique veut bâtir un avenir résilient, vert et inclusif. Mais elle ne le fera pas seule. Elle exige des partenariats équitables, des engagements tenus et des ressources à la hauteur de ses ambitions.

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