Colloque scientifique international, le rythme au carrefour de la musique, du texte et de la danse
Ce 17 Avril 2026, la ville de Ganvié a vibré au son des réflexions et des échanges autour d’un thème aussi riche que fédérateur « Le rythme à la croisée de la musique, du texte et de la danse ». Ce colloque scientifique international a réuni chercheurs, enseignants, étudiants et praticiens venus du Bénin, de France et d’ailleurs, pour interroger la place du rythme dans les pratiques artistiques et culturelles contemporaines.

L’ouverture du colloque a été assurée par le professeur Nicolas Darbon, enseignant à l’Université Aix-Marseille.

Dans sa communication inaugurale, il a insisté sur la nécessité de penser le rythme comme un langage universel, capable de relier les arts et les cultures. « Le rythme est une matrice, une pulsation qui transcende les frontières disciplinaires », a-t-il confié lors de notre entretien. Son intervention a immédiatement suscité un débat nourri, où les participants ont questionné la manière dont le rythme peut être analysé à la fois comme phénomène esthétique et comme fait social.

Le cœur du colloque s’est matérialisé dans une table ronde réunissant plusieurs spécialistes. Dr Hounsou Richard a alerté sur la raréfaction de la pratique des rythmes traditionnels, soulignant que la modernité et la mondialisation tendent à uniformiser les expressions musicales. Dr Sitson Gino a proposé une approche holistique, liant rythme, corps et voix. Pour lui, « le rythme n’est pas seulement entendu, il est vécu dans la chair et dans la respiration ». Tohossoussi Samson a quant à lui abordé la disparition et la transformation des rythmes au Bénin, montrant comment certaines pratiques ancestrales se réinventent dans des formes hybrides, entre tradition et modernité. Ces échanges ont mis en lumière la tension entre préservation et innovation, une problématique au cœur des débats artistiques contemporains.

Le colloque n’a pas seulement donné la parole aux chercheurs confirmés. Les étudiants ont également été au rendez-vous. Fassinou Julienne, étudiante à l’Université d’Abomey-Calavi, nous confie « C’est une chance d’écouter des spécialistes internationaux et de comprendre que nos rythmes béninois ont une valeur universelle. Cela nous encourage à poursuivre nos recherches et à valoriser notre patrimoine. »

De son côté, le professeur Koudjo Bienvenue, intervenant actif du colloque, a rappelé l’importance de la transmission « Le rythme est mémoire. Il faut que les jeunes générations s’en emparent pour qu’il continue à vivre. »
La réussite du colloque tient aussi à la forte mobilisation. Les étudiants, les acteurs du domaine artistique, mais aussi des chercheurs venus de France ont massivement participé. Cette diversité a favorisé un dialogue interculturel fécond, où les expériences locales se sont confrontées aux perspectives internationales.
En clôture des travaux, le professeur Apollinaire Anakesa Kululuka a présenté une synthèse des échanges. Il a mis en évidence la nécessité de créer des passerelles entre disciplines et de renforcer la recherche sur le rythme comme objet scientifique. Sa conclusion a rappelé que le rythme, loin d’être une simple pulsation musicale, est un vecteur de sens et de cohésion

Le colloque s’est achevé par un concert intitulé « Rythme de la terre : voyage musical entre tradition et création contemporaine ». Ce moment artistique a illustré de manière sensible les discussions théoriques : les percussions traditionnelles se sont mêlées aux sonorités modernes, offrant au public une expérience immersive et vibrante. Les participants ont pu ressentir, dans leurs corps et leurs émotions, ce que les chercheurs avaient analysé dans leurs communications.
Ce colloque scientifique international aura marqué les esprits par la richesse des interventions et la diversité des perspectives. En plaçant le rythme au carrefour de la musique, du texte et de la danse, il a montré que cet élément fondamental des arts est aussi un outil de dialogue entre cultures et générations. Les impressions recueillies auprès des intervenants et des participants témoignent d’un enthousiasme partagé, le rythme, loin de disparaître, continue de se transformer et de fédérer