Élections Législatives et communales au Bénin, un scrutin sous silence à Dêkin, Porto-Novo et Cotonou
Ce dimanche 11 Janvier 2026, les électeurs béninois sont appelés aux urnes pour élire les 109 députés qui composeront la prochaine Assemblée nationale. Un mois seulement après une tentative de coup d’État avortée, ces législatives à un tour se déroulent dans un climat particulier, marqué par un silence pesant dans les premières heures du scrutin.

Dès l’ouverture des bureaux de vote, l’affluence est restée timide. Les rues de Cotonou et de plusieurs autres villes du pays semblaient figées dans une atmosphère de retenue. Les observateurs parlent d’un « silence lourd », comme si la population, encore marquée par les récents événements politiques, hésitait à se précipiter vers les urnes. Pourtant, au fil de la matinée, les signes d’une mobilisation progressive se sont dessinés.
Certains citoyens ont tenu à accomplir leur devoir civique dès l’aube. À la sortie d’un centre de vote de Porto-Novo, une électrice confie « J’ai voté tôt pour montrer que malgré les tensions, notre démocratie doit continuer. C’est une manière de dire non à la peur. »
Un autre électeur rencontré à Dangbo arrondissement de Dêkin explique sa démarche « Je veux que mon vote compte pour la stabilité du pays. Les députés et Maires que nous élisons aujourd’hui auront un rôle crucial dans l’avenir de notre circonscription et du Bénin››.
Ces témoignages traduisent une volonté de défendre les institutions et de renforcer la légitimité démocratique, dans un contexte où la coalition présidentielle, composée de trois partis, espère consolider sa majorité actuelle.
‹‹ Après l’église, cap sur les urnes. Moi je suis allé à l’église d’abord pour demander à Dieu de m’aider à faire le bon choix pour la stabilité de notre pays. Et là maintenant je vais me rendre aux urnes et je sais que je voterai pour le développement du pays›› dixit un citoyen rencontré cet après-midi dans l’arrondissement de Dêkin à Dangbo.
Alors, comme souvent au Bénin, le dimanche est aussi un jour de culte. De nombreux citoyens ont préféré se rendre d’abord à l’église avant de rejoindre les bureaux de vote. Le constat est fait également dans plusieurs quartiers de Cotonou, des groupes de fidèles ont été aperçus en route vers les centres électoraux après la messe.
Un jeune homme rencontré Cotonou à la sortie d’une paroisse témoigne « Nous avons prié pour la paix et la stabilité. Maintenant, nous allons voter pour que le pays avance. » Cette articulation entre spiritualité et citoyenneté illustre la manière dont les électeurs béninois associent leur engagement religieux à leur responsabilité politique. Là, il s’agira d’un scrutin décisif basé sur la croyance chrétienne.
Au-delà des motivations individuelles, ces législatives représentent un enjeu majeur pour l’équilibre institutionnel du pays. La coalition présidentielle espère renforcer sa majorité afin de poursuivre ses réformes, tandis que l’opposition voit dans ce scrutin une occasion de regagner du terrain et de peser davantage dans les débats parlementaires.
Les autorités électorales insistent sur la nécessité de respecter les règles et de garantir la transparence du processus. Des observateurs nationaux et internationaux sont déployés pour surveiller le déroulement du vote et rassurer la population.
Malgré les inquiétudes liées à la tentative de coup d’État ratée, le scrutin de ce dimanche apparaît comme une démonstration de résilience démocratique. Les électeurs, qu’ils votent tôt le matin ou après l’église, expriment une même volonté : celle de participer à la vie politique et de préserver la stabilité du pays.
En fin de journée, les bureaux de vote devraient enregistrer une affluence plus importante, signe que la population, après un début marqué par le silence, choisit finalement de répondre à l’appel des urnes.