La 2ème édition du SIMA à Cotonou : quand l’Afrique musicale francophone prouve son potentiel

Article : La 2ème édition du SIMA à Cotonou : quand l’Afrique musicale francophone prouve son potentiel
Crédit: Emmanuel CODJO
15 novembre 2025

La 2ème édition du SIMA à Cotonou : quand l’Afrique musicale francophone prouve son potentiel

Du 13 au 14 novembre 2025, Cotonou s’est transformée en capitale musicale africaine. La ville a accueilli la 2ème édition du SIMA – Salon des Industries Musicales d’Afrique, sous le thème « Faire rayonner et financer les industries musicales d’Afrique francophone : du potentiel aux preuves ». Pendant deux jours, plus de 5000 participants venus de 50 pays ont convergé vers le Bénin pour échanger, débattre, réseauter et surtout célébrer la vitalité de la musique africaine.

Les allées du salon étaient un véritable kaléidoscope de cultures. Du Togo au Nigéria, de la Côte d’Ivoire au Burkina Faso, du Congo au Cameroun, les délégations ont apporté leurs sonorités, leurs expériences et leurs ambitions. La présentation des grands labels par exemple le Label WATI-B, des institutions de musique (studios innovants), des plateformes numériques et des initiatives de financement qui faisaient vibrer la foule, dans le même temps des sous sessions de panels réunissaient des voix influentes.

« Pas de belles victoires quand on ne dépasse pas les difficultés », a lancé ASALFO du groupe Magic Système lors d’un panel très suivi. Avant d’ajouter « L’échec prépare la pérennité de la réussite ». Ses mots ont résonné comme un mantra pour les jeunes artistes présents, souvent confrontés à des obstacles financiers ou structurels.

Un moment fort de cette édition fut la session de networking exclusivement consacrée aux femmes artistes africaines, les discussions ont mis en lumière les défis spécifiques auxquels elles font face : harcèlement, pression familiale, maternité, mais aussi la difficulté d’accéder aux financements et aux scènes internationales.

Rajaa Moussadik du label WATI-B a témoigné « Cette session exclusivement consacrée aux femmes artistes est le moment idéal pour regrouper des femmes de divers pays et mettre sur la table les défis qu’elles affrontent. J’ai moi-même connu ces obstacles dès mes 20 ans, mais j’ai su garder mes valeurs et continuer à travailler pour affirmer mon talent.» Écoutez en podcast : 1:20s

Pour l’artiste Shayden, Fondatrice et Commissaire Général du LILI WOMEN FESTIVAL, a rappelé « La musique n’est pas uniquement pour les hommes, elle est aussi pour les femmes. Elles ont le talent et les caractéristiques pour exercer ce métier et méritent d’être révélées au monde.» Écoutez en podcast

Cette rencontre a été saluée comme un pas concret vers une industrie musicale plus inclusive et équitable en Afrique. DJ Kelly, première femme DJ de renom, dixit « La femme est à la fois la force motrice et l’essence qui insuffle la vie de l’industrie musicale. » Écoutez en podcast : 1:30s

Le SIMA 2025, porté par Mamby Diomandé et Pit Baccardi, sous le parrainage de Lionel Talon, a accueilli de grandes figures de la musique africaine. Les panels ont abordé des thèmes variés : financement des labels, structuration des carrières, rôle des médias, place des plateformes numériques.

Les échanges étaient ponctués de témoignages inspirants. Des managers ont partagé leurs stratégies pour exporter les artistes africains. Des producteurs ont expliqué comment ils surmontent le manque de moyens techniques. Les journalistes ont insisté sur l’importance de la critique musicale pour crédibiliser l’industrie.

Au-delà de la musique, le SIMA a mis en lumière le rôle du Bénin comme hub culturel africain. Grâce au soutien institutionnel de l’ADAC et de Bénin Tourisme, et à la vision du président Patrice Talon, le pays s’affirme comme une plateforme privilégiée pour les investisseurs et les acteurs culturels.

« Le Bénin est aujourd’hui un pays carrefour de toute l’Afrique, donc Cotonou est une vitrine de modernité et d’ouverture, et le SIMA en est la preuve.», a rappelé le Maire de la ville de Cotonou M. Luc S. ATROKPO.

Le salon a également consacré une place importante aux jeunes talents. Des ateliers de formation et des masterclasses ont permis aux artistes émergents de bénéficier des conseils de leurs aînés. « L’échec prépare la réussite », a répété ASALFO, invitant les jeunes à persévérer. Plusieurs d’entre eux témoignent de leur volonté de s’imposer sur la scène internationale, malgré les obstacles.

Au-delà des panels et des showcases, le SIMA a été un espace de rencontres et de synergies. Des collaborations se sont esquissées entre labels de différents pays. Des producteurs ont découvert de nouveaux talents. Notons que cette édition du SIMA a confirmé que la musique africaine francophone ne se contente plus de son potentiel, elle apporte désormais des preuves de sa vitalité, de son organisation et de son ambition.

En donnant la parole aux femmes, en inspirant les jeunes, en réunissant les grands noms et en positionnant le Bénin comme carrefour culturel, le SIMA 2025 s’impose comme un événement majeur pour l’avenir de l’industrie musicale africaine. L’ambiance était celle d’une grande famille musicale africaine, où chacun apportait sa pierre à l’édifice.

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