L’Albinisme, une lutte pour la dignité et l’acceptation
Chaque année, le 13 juin, le monde célèbre la Journée internationale de sensibilisation à l’Albinisme, une occasion cruciale pour mettre en lumière les défis et les discriminations auxquels sont confrontées les personnes atteintes d’albinisme, particulièrement en Afrique. Cette journée vise à promouvoir l’inclusion, la protection des droits et le respect des individus vivant avec cette condition génétique.

L’albinisme, une particularité génétique
L’albinisme est une anomalie génétique qui se traduit par une absence ou une faible production de mélanine, le pigment responsable de la couleur de la peau, des cheveux et des yeux. Il existe plusieurs types d’albinisme, mais tous sont causés par des mutations génétiques affectant la production de mélanine.
Contrairement aux mythes qui entourent cette condition, l’albinisme n’est pas une maladie contagieuse ni un signe mystique. Il touche des personnes de toutes origines et peut être hérité de parents qui portent des gènes spécifiques, même s’ils ne sont eux-mêmes pas albinos.
Entre espoir et souffrance
Les personnes atteintes d’albinisme sont souvent confrontées à de nombreuses difficultés physiques et sociales. En raison de leur peau dépourvue de protection naturelle contre les rayons ultraviolets, elles sont extrêmement vulnérables aux maladies de la peau, notamment le cancer. De plus, elles souffrent souvent de problèmes de vision, allant de la myopie à des troubles plus graves.
Au-delà des défis médicaux, elles doivent surmonter une marginalisation sociale, des moqueries et une stigmatisation qui rendent leur quotidien difficile, en particulier dans certaines cultures africaines où l’albinisme est entouré de croyances et de superstitions erronées. On constate que certains albinos sont perçus comme des êtres mystiques ou surnaturels, voire comme des esprits ou des fantômes, ce qui alimente leur marginalisation sociale plutôt que de la freiner.
Par exemple, leur corps est parfois considéré comme possédant des pouvoirs magiques. Dans certains pays, des parties du corps des albinos sont utilisées dans des rituels censés apporter richesse, chance ou pouvoir. Une autre croyance erronée affirme que les albinos ne peuvent pas mourir, mais qu’ils disparaîtraient simplement, renforçant ainsi l’idée qu’ils sont des êtres surnaturels.
Par ailleurs, certains pensent que les albinos portent malheur. Dans certaines communautés, la naissance d’un enfant albinos est perçue comme une malédiction pour la famille, poussant parfois les parents à les abandonner. De plus, certaines croyances en Afrique soutiennent que l’albinisme serait une punition divine ou une sanction des ancêtres ou des dieux en réponse à une faute commise par les parents.

Enfin, l’une des superstitions les plus dangereuses concerne le sang et les organes des albinos, qui seraient supposément dotés de vertus mystiques. Cette croyance a mené à des crimes atroces, où des albinos sont enlevés et tués pour des pratiques occultes.
Les pressions subies par les personnes albinos en Afrique
Dans plusieurs pays africains, les personnes albinos sont victimes de préjugés profondément enracinés qui les exposent à des discriminations et même à des actes de violence. Certaines croyances traditionnelles les associent à des pouvoirs mystiques, ce qui les place dans une situation de danger extrême.
Dans certaines régions, des pratiques occultes ont conduit à des agressions brutales, où des albinos sont enlevés, mutilés ou tués pour des rituels censés apporter richesse et pouvoir. Cette cruauté est alimentée par l’ignorance et le manque de sensibilisation. Même dans les sociétés où ces crimes ne sont pas courants, les personnes albinos sont souvent exclues des opportunités éducatives et professionnelles, les empêchant de mener une vie normale et épanouie.
Briser les chaînes de discrimination
Il est urgent que nous, en tant que société, prenions position pour protéger et valoriser les personnes atteintes d’albinisme. Leur différence n’est pas une faiblesse, mais une particularité qui mérite respect et acceptation.
Pour mettre fin aux préjugés, l’éducation et la sensibilisation sont essentielles. Il est impératif d’intégrer des programmes éducatifs sur l’albinisme, de lutter contre les fausses croyances et de garantir une protection légale stricte contre toute forme de discrimination et de violence.
Les gouvernements, les organisations humanitaires et les médias ont un rôle fondamental à jouer pour changer la perception de l’albinisme et promouvoir l’inclusion sociale. Les personnes atteintes d’albinisme doivent être célébrées et non rejetées.

« Le 13 juin, ne soyons pas seulement témoins d’un combat – soyons acteurs du changement. Levons nos voix contre l’injustice et ouvrons nos cœurs à une humanité où la diversité est une force, et non une faiblesse » dit Agbe Hountondji Restarick Ores alias Albinos 229, photographe professionnel albinos le plus frais du Bénin.